Présentation de Romain Rousselot, formateur-consultant
Son parcours, ses compétences

UN PARCOURS DE TERRAIN, ANCRÉ DANS LE HANDICAP ET L'INCLUSION
Éducateur spécialisé et ingénieur social diplômé d'État (DEES 2023, DEIS 2025), Romain Rousselot cumule plus
de 20 ans d'expérience au service des personnes en situation de handicap. De l'enseignement en Activité
Physique Adaptée (Licence STAPS spécialité Handicap et Rééducation, renforcée par deux BPJEPS spécifiques)
aux fonctions d'éducateur spécialisé, puis de cadre de direction et conseiller technique au sein
d'établissements médico-sociaux sur les territoires de Brousse, son parcours conjugue une rare double
compétence : la rigueur de l'ingénierie sociale et une connaissance intime des réalités du handicap sur le
terrain.
• UNE EXPERTISE STRATÉGIQUE ET OPÉRATIONNELLE
Aujourd'hui Chef du Service Développement de la Personne et Conseiller Technique de Direction, Romain est
responsable des projets de soin, de santé et de bien-être ; trois dimensions étroitement imbriquées dans sa
pratique ; ainsi que responsable de la section sportive ASH, elle aussi vecteur de mieux-vivre et
d'émancipation physique et sociale. Son action se déploie à l'interface entre gouvernance associative, équipes
pluridisciplinaires et partenaires institutionnels : DASS-NC, réseau de santé mentale, DJS NC, et acteurs des
politiques publiques du handicap. Il crée également des outils d’évaluation, de suivi et d’accompagnement en
faveur de l’inclusion en Nouvelle-Calédonie, adaptés aux besoins et attentes des territoires que composent la
Nouvelle-Calédonie, mais aussi aux réalités des populations.
• UN ENGAGEMENT ASSOCIATIF AU SERVICE DU MIEUX-ÊTRE
Vice-président de la Ligue Handisport de Nouvelle-Calédonie et Responsable du Sport Adapté en NouvelleCalédonie, Romain porte, au-delà de son activité professionnelle, un engagement bénévole fort. Il œuvre à
faire évoluer le regard porté sur le handicap et à élargir l'accès à la pratique sportive — un levier reconnu de
mieux-être et de santé mentale pour des publics dits vulnérables.
• L'ACCOMPAGNEMENT DES PARCOURS DE CERTIFICATION
Ce cheminement vers l'accompagnement VAE trouve son origine dans une reconnaissance de handicap ; un
moment charnière qui l'a amené à reconsidérer son avenir personnel et professionnel, et qui a renforcé sa
motivation pour décrocher de nouvelles certifications, toujours ancré dans le médico-social, une véritable
passion pour lui. Habilité accompagnateur VAE par le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie (arrêté 2019-
679/GNC, DTEFP, 2026), Romain met désormais cette double expertise — terrain et ingénierie sociale — au
service de Formation-Recherche-Action.nc, pour écuriser et valoriser les parcours de certification des professionnels du secteur social et médico-social calédonien.
Auteurs et experts de férérence
du handicap — notamment sa série Variations anthropologiques (Érès, 2010-2017), et en
particulier le chapitre consacré au monde kanak, rédigé par Patrice Godin, qui éclaire directement
mon territoire d'intervention en Nouvelle-Calédonie. Il permet, entre autres, de se questionner plus
largement sur les différents regards portés sur la condition de handicap selon les pays, les cultures
et les traditions.
Ma réflexion s'appuie également sur les travaux de Roland Janvier, chercheur en sciences sociales,
et sur sa lecture de « l'aller vers » — cette démarche qui invite les professionnels à se déplacer vers
les personnes plutôt que d'attendre qu'elles viennent à eux. Une approche particulièrement
résonnante sur les territoires isolés de Brousse et dans les tribus, où l'accès aux droits et à
l'accompagnement ne peut reposer sur la seule initiative de la personne
Publication et contributions
J'ai contribué à l'analyse de la politique du handicap appliquée aux territoires d'outre-mer,
commandée par la commission sénatoriale (avril 2025), puis présentée au Ministre des Outre-Mer
et à la Ministre déléguée chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapée
Les expériences marquantes
Rayan — la confiance qui déplace des montagnes
Comme expérience marquante, j'évoquerai la performance du petit Rayan, 11 ans, un enfant jugé «
à problèmes », « incontrôlable », dont « on n'en fera rien », disaient même certains adultes.
Je l'avais repéré, dans mes précédentes fonctions de conseiller technique bi-départemental Sport
et Handicap, pour ses qualités physiques intéressantes — un enfant dont les institutions ne
voulaient plus. Au-delà de mes missions professionnelles, et comme personne n'était disponible
pour l'accompagner et l'entraîner en natation, j'ai pris bénévolement l'initiative de m'occuper de
lui.
Nous avons appris à nous rencontrer, à nous respecter mutuellement, à nous soutenir. Dans la
dureté des entraînements, la fatigue et la rigueur nécessaires, certains démons intérieurs pouvaient
ressurgir. Mais c'était son souhait, et c'est devenu notre défi commun : participer au championnat
de France de natation Sport Adapté.
Il s'est qualifié pour la finale — un résultat déjà très honorable. Ce moment reste déterminant dans
ma vie ; il me bouleverse encore aujourd'hui lorsque j'ose m'y replonger.
FINALE DU 50M NAGE LIBRE
Beaucoup de spectateurs, beaucoup de bruit, des athlètes qui le dépassent de près de deux têtes.
Je vois Rayan monter sur le plot, la tête basse, le regard incapable de se fixer sur son couloir
d'eau. Je m'inquiète : je sais que son point faible, c'est le plongeon et la reprise de nage — deux
phases décisives, surtout sur cette distance.
Au signal sonore, tous les nageurs plongent. Sauf lui, qui se laisse tomber comme une bouteille
qui coule au fond de la mer. Agacé, frustré, je lui exprime mon souhait qu'il se remobilise.
Il me regarde. Puis, immédiatement, il adopte une technique de nage encore insoupçonnée. Il
déploie toute sa puissance et fonce, sans prendre une seule respiration. Au virage du bassin de 25
mètres, il a déjà rattrapé ses concurrents. Toujours porté par une énergie improbable, il les
dépasse dans les derniers mètres et touche le mur en premier.
J'étais dans une émulation totale — partagé entre la peur qu'il ne sorte pas de l'eau, affaibli par
une course menée sans respirer, et la sidération devant une performance dont je ne voulais pas
croire le résultat.
Je suis descendu au bord du bassin, prêt à sauter dans l'eau, et je l'ai tiré vers moi pour le
sécuriser.
Je revois encore le regard de ses parents adoptifs, dans la tribune, pleurant de joie — après tant
d'années où leur fils avait été jugé inadapté, voire dérangeant.
Je l'ai pris dans mes bras. Je lui ai dit à l'oreille qu'il était premier, que sa course était
extraordinaire, et je voulais savoir comment il avait pu déployer une telle énergie. C'était
fantastique : rien de ce qu'il venait de démontrer n'avait été travaillé à l'entraînement.
Il m'a répondu, du haut de ses 11 ans, une phrase qui a bouleversé ma vie personnelle et
professionnelle :
« Je l'ai fait parce que tu m'as fait confiance. »
C'est pour ces quelques secondes de fierté, lues dans ses yeux, d'avoir réussi par lui-même,
qu'aujourd'hui encore je travaille d'arrache-pied pour l'inclusion des personnes en situation de
handicap — mais surtout, pour les aider à réaliser leurs projets, leurs envies, et parfois même,
comme ils me le disent, « leurs rêves ».
J'aime ce moment où l'enfant, où la personne, prend toute sa place — en tant qu'individu — lorsque
la bulle créée par la condition de handicap, nourrie par le regard de la société, éclate enfin. Ce fut
un instant fondateur dans ma vie, qui m'a amené à reconsidérer complètement la perception de
mon avenir, tant sur le plan personnel que professionnel.
- Bertrand Sebire — la leçon d'un langage à réinventer
Je compléterai cette expérience marquante en évoquant une rencontre tout aussi fondatrice : celle
d'un éducateur.
Au début de ma carrière dans le sport et le handicap, j'ai eu la chance de travailler avec Bertrand
Sebire, alors entraîneur de l'équipe de France de natation Sport Adapté (la fédération qui structure
et anime le sport pour les personnes en situation de handicap mental, psychique, ou présentant des
troubles du spectre autistique).
J'essayais d'amener mon groupe de nageurs à réaliser un exercice précis, pensé pour stimuler la
puissance et l'explosivité dans le bassin. Mais ma consigne — ou en tout cas la réponse de mes
nageurs à cette consigne — n'était pas du tout efficace, ni en phase avec mes attentes.
Malgré mes reformulations, je ne trouvais pas les clés de communication. Rien ne se passait comme
je le voulais. Je l'ai alors sollicité pour qu'il m'aide.
Il m'a demandé quel objectif je souhaitais atteindre. Puis il est allé voir le groupe, a dit deux phrases
— et l'ensemble des nageurs a fait exactement ce que j'attendais.
Stupéfait, je lui ai demandé comment il avait fait. Quelles consignes avait-il données pour changer
aussi rapidement ce que je n'arrivais pas à mettre en place depuis un moment ?
Il m'a répondu :
« Tu es en train d'essayer, et ça fait 20 ans que je me trompe".
Sur le moment, je n'ai rien compris. Puis, progressivement, j'ai saisi toute l'immensité de la pépite
qu'il venait de m'offrir — une phrase qui allait définir ma place, en tant qu'éducateur, puis,
aujourd'hui, en tant qu'ingénieur.
Ce n'est pas mon langage qui compte. C'est le leur qu'il faut adopter, rencontrer, utiliser. Cela
implique d'aller vers, d'essayer, de se tromper, d'apprendre, de se questionner à nouveau, d'écouter
— pour pouvoir ensuite agir auprès de chacun.
C'est l'essence même de mon travail, et ce qui me passionne : faire réussir.
Et c'est ce qui m'a conduit, aujourd'hui, à m'engager dans l'accompagnement à la VAE. Apprendre
de l'autre, des expériences vécues, me permet de mettre en déséquilibre ma pratique quotidienne
de professionnel du social — mais aussi de contribuer à créer les conditions de valorisation des
actions et des expériences, au bénéfice de ces acteurs passionnés, à travers la Validation des Acquis
de l'Expérience.
Ce qui nous différencie est notre plus grande richesse
Ces deux rencontres — celle de Rayan, celle de Bertrand Sebire — m'ont appris qu'une différence,
une difficulté, un obstacle, n'est jamais une fatalité : c'est une opportunité à accompagner, jamais
un problème à gérer.
C'est cette conviction qui m'a porté lorsque, à mon tour, une reconnaissance de handicap est venue
bouleverser ma trajectoire personnelle. Loin de m'arrêter, elle a renforcé ma détermination à me
remobiliser, à continuer de me former, d'apprendre, de me perfectionner. C'est ce chemin, atypique
et exigeant, qui a construit le parcours riche qui est le mien aujourd'hui.
Ce processus, je l'ai validé aux côtés de Jean-Claude Becker — accompagnateur de mon DEES, puis
de mon DEIS. Une collaboration humaine avant d'être professionnelle, portée par des valeurs que
nous partageons profondément :
« Ce qui nous différencie est notre plus grande richesse. »
C'est avec cette conviction commune que je souhaite aujourd'hui poursuivre, à côté de Jean Claude, au sein de
Formation-Recherche-Action.nc, l'accompagnement de celles et ceux dont le parcours — justement
parce qu'il sort des sentiers battus — mérite d'être reconnu, validé, valorisé.
- RIDET: N° 1 264 928
- HABILITATION Accompagnement VAE: N° DTEFP-3733-7/7/2026
